Octobre 2016

Leur variation de couleurs, de formes et d’angles capture sur la toile l’être humain à un
instant précis. En cherchant dans le processus de peinture les possibilités conscientes et
inconscientes de leurs coups de pinceau intuitifs, moseke&pelda combinent le regard
extérieur avec la vision intérieure.
« Un portrait vivant ne montre pas seulement l’enveloppe d’une personne, mais doit
également discerner l’être dans son entièreté. Au-delà d’un beau corps, c’est une
gestuelle personnelle, une pose intime, ou un mouvement furtif en apparence, un danseur
qui danse, un dormeur qui dort, un cri, un regard, un baiser, un rire… » (M. Pelda)
Les modèles des sessions trouvent leur propre chemin vers les peintres, et osent se
lancer dans l’atmosphère intime de l’atelier, pour se rencontrer eux-mêmes avant tout.
Le premier témoignage d’un portrait complexe est toujours la volonté du modèle de trouver
sa propre authenticité. Les relations (connexions et séparations) deviennent visibles et
créent d’elles mêmes la tension du nu.
Formé initialement à la peinture classique, le duo dessine les modèles autant que les
spectateurs de l’action : l’intensité des couleurs et la construction de l’image décrivent
l’énergie de chaque instant. Le contraste séduisant entre profondeur et distance esquisse
la scène et la met en mouvement. Une variation de couleurs vives et discrètes, à l’huile,
au fusin, à l’encre de Chine, au vernis et à l’acrylique, se transforme en couches de peau
et en identité émotionnelle. En un instant surgit alors l’image, pourtant issue d’un
processus perpétuel.
La tension de l’intimité, l’impact même d’être au monde, apparaissent aussi dans leurs
oeuvres conceptuellement abstraites, sur lesquelles Mathias Pelda et Matthias Moseke
ont travaillé ensemble depuis bientôt une décennie. Des questions telles que « Puis-je me
considérer unique au monde ? » et « Est-il possible de vivre la peinture dans l’anarchie
constructive ? » ne sont pas monumentalisées, mais se déplacent dans le flux de
« l’éternelle dynamique ». Chacun pour soi et ensemble à deux, ils vivent une « découverte artistique » plutôt que des conclusions.

L’ouverture, l’expérience et l’observation sensuelles constituent leur démarche et leur
production artistiques, positionnent les deux artistes dans un perpétuel dialogue vertueux
et progressif.
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Traduit du texte original par Pauline Vengeon
Texte Jana Noritsch, Collectors Club Berlin © 2016


Oktober 2016

„Ihre Farbwechsel, Ecken und Kanten komponieren Menschsein direkt in der
Momentaufnahme auf die Leinwand. Um zu ertasten, wie viele Inhalte – des Bewussten und
Unbewussten – durch die zumeist reduzierten, während des Malprozesses nahezu intuitiven
Pinselstriche transportiert werden können, verbinden moseke&pelda „äußeres Sehen“
mit „innerem Schauen“:

„Ein Aktportrait zeigt mehr als das Äußere einer Person, es soll den Menschen in seiner
Gesamtheit erfassen. Es ist mehr als nur ein schöner Körper: es ist eine persönliche Geste,
eine intime Pose oder eine scheinbar flüchtige Bewegung, ein Tänzer im Tanz, eine
Schlafende im Schlaf, ein Schrei, ein Blick, ein Kuss, ein Lachen…“ (M. Pelda)
Die Modelle der Sessions finden ihre Maler auf unterschiedlichen Wegen und begeben sich
mutig in die stimmungsvoll-intime Atelieratmosphäre, um vor allem: sich selbst zu begegnen.
Erstes Zeugnis der komplexen Aktportraitmalerei ist immer die klare Entscheidung für die
eigene Authentizität des Modells bzw. der Modelle.
Verhältnisse (Bindungen und Trennungen) werden sichtbar.
Sie bilden – wie aus sich selbst heraus – die Spannung des Akts.

Das der Klassischen Malerei entstammende Künstlerduo zieht gleichsam Modell wie
Betrachter in die Aktion hinein: von der Energie des Augenblicks erzählen uns die Intensität
der Farben und der Aufbau des Bildraums. Tiefen- und Entfernungsreize umreißen
dimensional das Geschehen und bewegen die Szene. Wechselhaft dezente und starke
Farbfelder aus Öl, Kohle, Tusche, Lack, Acryl werden zu Flächen menschlicher Haut und
emotionaler Identität. Das Bild entsteht in einem Moment – der Prozess wirkt nach.

Die Stoßkraft der Intimität, die Selbstwirksamkeit des Seins in der Welt finden wir auch in den
konzeptionell-abstrakten Werkreihen, an denen Mathias Pelda und Matthias Moseke seit fast
zehn Jahren gemeinsam arbeiten. Fragen wie „Kann ich als Singular mich in dieser Welt
begreifen?“ und „Ist es möglich, die Malerei in konstruktiver Anarchie zu leben?“ werden nicht
monumentalisiert, sondern bewegen sich im Fluss „zeitloser Lebendigkeit“ (Zitat).

Jeder für sich und beide miteinander leben die „kunstlerische Entdeckung“, nicht die Einsicht.
Sinnliche Anschauungen, Erfahrungen und Offenheit machen ihr kunstlerisches Streben, ihr
Schaffen aus – und stellt beide Maler in einen immerwährenden progressiv-virtuosen Dialog.“
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Text: Jana Noritsch, Collectors Club Berlin © 2016